On vend une maison achetée il y a douze ans, on encaisse un gain confortable, et la question tombe : combien va prendre le fisc sur ce profit ? La réponse dépend entièrement du statut du bien vendu. La plus-value sur une résidence principale reste totalement exonérée d’impôt, y compris de prélèvements sociaux. Pour tout autre bien, le calcul se corse, et les règles ont évolué récemment.
Plus-value imposable : ce qui se passe concrètement au moment de la vente
Le profit d’une vente immobilière, appelé plus-value, correspond à la différence entre le prix de vente et le prix d’acquisition. Quand ce résultat est positif, on réalise un gain soumis à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux, sauf exonération applicable.
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Le notaire effectue le calcul, prélève l’impôt directement sur le prix de vente et le reverse à l’administration fiscale. On ne déclare rien soi-même dans la plupart des cas : tout est réglé avant de toucher le solde.
Le prix d’acquisition ne se limite pas au montant figurant sur l’acte d’achat. On peut y ajouter les frais d’acquisition (frais de notaire, droits d’enregistrement) et le coût des travaux réalisés, à condition de pouvoir les justifier par des factures. Pour un bien détenu depuis plus de cinq ans, un forfait de 15 % du prix d’achat peut remplacer les factures de travaux, ce qui simplifie les choses quand on a égaré les justificatifs.
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Résidence principale et exonération totale de la plus-value immobilière
La vente de la résidence principale bénéficie d’une exonération totale, sans condition de durée de détention. Que le logement ait été occupé deux ans ou vingt ans, le profit n’est pas imposé. Cette règle, en place depuis 1976, a été confirmée par la loi de finances pour 2026 sans aucune modification.
Le point sensible, c’est la preuve du caractère principal de la résidence. L’administration fiscale a durci ses exigences en pratique ces dernières années. On nous demande désormais de fournir des justificatifs concrets d’occupation habituelle et effective :
- Factures d’énergie (électricité, gaz) attestant une consommation régulière sur la période
- Contrat d’assurance habitation mentionnant l’adresse comme résidence principale
- Avis d’imposition portant l’adresse du bien comme domicile fiscal
- Attestations de la CAF, de l’employeur ou courriers administratifs reçus à cette adresse
Un propriétaire qui déménage avant la vente s’expose à un redressement si le délai entre le départ et la cession paraît trop long. L’administration tolère un délai raisonnable lié aux conditions du marché, mais un logement vide depuis plus d’un an au moment de la vente sera examiné de près.
Résidence secondaire et abattement par année de détention
Pour une résidence secondaire, un investissement locatif ou un terrain, la plus-value est imposable. Le taux global atteint une part au titre de l’impôt sur le revenu et une part au titre des prélèvements sociaux.
Un système d’abattements progressifs réduit la base imposable en fonction de la durée de détention du bien. Plus on détient longtemps, moins on paie. L’exonération totale d’impôt sur le revenu intervient après vingt-deux ans de détention. Pour les prélèvements sociaux, il faut attendre trente ans de détention pour une exonération complète.
Surtaxe sur les plus-values élevées
Quand la plus-value nette imposable dépasse 50 000 euros (après abattements pour durée de détention), une surtaxe progressive s’ajoute au taux standard. Ce seuil concerne surtout les biens détenus moins de dix ans dans des zones où les prix ont fortement augmenté.
Vente d’un logement meublé : la réintégration des amortissements depuis 2025
Depuis la loi n° 2025-127 du 14 février 2025, les propriétaires qui louaient en meublé sous le régime réel (LMNP notamment) subissent un changement majeur. Les amortissements déduits pendant la location sont désormais réintégrés dans le calcul de la plus-value lors de la revente.
En pratique, cela signifie que le prix d’acquisition retenu pour le calcul est diminué du montant total des amortissements passés. Le profit imposable gonfle mécaniquement, parfois de manière significative sur un bien amorti pendant plusieurs années.
Avant cette réforme, un loueur en meublé pouvait déduire des amortissements chaque année (réduisant son revenu imposable) puis revendre sans que ces amortissements ne soient repris dans le calcul de la plus-value. Ce double avantage n’existe plus. Toute stratégie de revente d’un meublé doit intégrer ce coût fiscal supplémentaire.
Cas d’exonération de plus-value immobilière hors résidence principale
Plusieurs situations permettent d’échapper à l’imposition même sans vendre sa résidence principale :
- Vente d’un bien dont le prix ne dépasse pas 15 000 euros (ou 15 000 euros par quote-part en cas d’indivision)
- Première vente d’un logement autre que la résidence principale, à condition de ne pas avoir été propriétaire de sa résidence principale au cours des quatre années précédentes et de réemployer le prix de vente pour acquérir ou construire sa résidence principale
- Vente au profit d’un organisme de logement social ou d’un opérateur d’aménagement, sous certaines conditions
- Bien détenu depuis plus de trente ans, exonéré de fait par le jeu complet des abattements

Séparation et vente du logement familial
En cas de divorce ou de rupture de PACS, l’ex-conjoint qui a quitté le logement conserve le bénéfice de l’exonération résidence principale si le bien constituait la résidence du couple lors de la séparation, si la vente est motivée par la séparation et si le logement n’a pas été mis en location entre-temps. Les retours varient sur le délai toléré par l’administration, mais la vente doit intervenir dans un temps raisonnable après le départ.
Le profit d’une vente de maison n’est donc pas systématiquement imposable. Tout repose sur la nature du bien et la durée de détention. Pour une résidence principale occupée jusqu’à la vente, aucun impôt. Pour les autres biens, mieux vaut faire simuler le montant exact par le notaire avant de signer le compromis, surtout depuis les nouvelles règles sur les amortissements en location meublée.