Le régime micro-foncier repose sur un seuil unique : 15 000 euros de revenus fonciers bruts par an, tous biens confondus au sein du foyer fiscal. Ce plafond conditionne l’accès à l’abattement forfaitaire de 30 % et à la déclaration simplifiée. Mais la manière dont ce montant se calcule réserve plusieurs subtilités que la plupart des propriétaires bailleurs ignorent au moment de remplir leur déclaration.
Plafond micro-foncier et quote-part SCI : comment se calcule la limite de 15 000 euros
Le seuil de 15 000 euros ne se limite pas aux loyers perçus directement par le propriétaire. Le BOFiP précise que l’administration fiscale fait masse de l’ensemble des revenus bruts fonciers du foyer, y compris la quote-part de loyers perçus via une SCI transparente à l’IR. Un associé de SCI peut donc franchir le plafond sans en avoir conscience si ses loyers personnels, additionnés à sa part dans les loyers de la société, dépassent 15 000 euros.
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Ce calcul s’effectue à proportion des droits de chaque associé dans le bénéfice comptable de la SCI. Un foyer fiscal qui détient un appartement loué nu rapportant 10 000 euros de loyers annuels et une part de 40 % dans une SCI percevant 20 000 euros de loyers atteint 18 000 euros de revenus fonciers bruts. Le micro-foncier est exclu.
| Source de revenus fonciers | Montant brut annuel | Part retenue |
|---|---|---|
| Appartement détenu en direct | 10 000 euros | 10 000 euros |
| SCI transparente (40 % des parts) | 20 000 euros | 8 000 euros |
| Total foyer fiscal | 18 000 euros |
Dans cet exemple, le foyer dépasse le plafond et bascule automatiquement au régime réel.
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Revenus fonciers bruts : ce qui entre dans le calcul du plafond de 15 000 euros
Le montant à comparer au seuil correspond aux revenus fonciers bruts, c’est-à-dire les loyers effectivement encaissés, hors charges. Aucune déduction de travaux, d’intérêts d’emprunt ou de taxe foncière n’intervient à ce stade. Le plafond s’apprécie avant tout abattement.
Plusieurs éléments entrent dans cette assiette :
- Les loyers encaissés pour la location nue de logements, locaux commerciaux ou terrains
- Les suppléments de loyers (pas-de-porte, droit d’entrée perçu comme un complément de loyer)
- Les subventions perçues par le bailleur, notamment celles de l’Anah destinées à financer des travaux
- Les recettes accessoires liées aux biens loués (location d’emplacements publicitaires sur un immeuble, par exemple)
En revanche, les charges récupérées auprès du locataire (provisions pour charges de copropriété refacturées) ne s’ajoutent pas aux revenus bruts fonciers pour le calcul du plafond.
Pas de prorata temporis : une règle peu connue sur le seuil micro-foncier
La limite de 15 000 euros ne fait jamais l’objet d’un prorata temporis. Un propriétaire qui met un bien en location en septembre et perçoit quatre mois de loyer reste éligible au micro-foncier si le total annuel ne dépasse pas le seuil, sans réduction proportionnelle à la durée de location.
Cette règle, précisée au BOFiP (BOI-RFPI-DECLA-10), avantage les propriétaires en première année de mise en location ou ceux qui subissent une vacance prolongée entre deux locataires. Le plafond reste fixe, quelle que soit la durée effective de perception des loyers sur l’année civile.
À l’inverse, cette absence de prorata peut piéger un bailleur qui loue un bien saisonnier à un tarif élevé pendant quelques mois seulement. Si les loyers cumulés franchissent les 15 000 euros, le micro-foncier saute, même pour une exploitation partielle.
Abattement de 30 % et régime réel : le seuil où l’arbitrage bascule
Rester sous le plafond de 15 000 euros donne droit à un abattement forfaitaire de 30 % sur les loyers bruts. Le revenu imposable correspond donc à 70 % des loyers déclarés. La déclaration se résume à renseigner la case 4BE du formulaire 2042, sans remplir le formulaire 2044.
Cette simplicité a un coût : aucune charge réelle n’est déductible sous le micro-foncier. Un bailleur dont les charges (intérêts d’emprunt, travaux, assurance, taxe foncière, frais de gestion) dépassent 30 % de ses loyers bruts paie plus d’impôt qu’au régime réel.
| Critère | Micro-foncier | Régime réel |
|---|---|---|
| Plafond de revenus fonciers | 15 000 euros | Aucun plafond |
| Abattement / déduction | 30 % forfaitaire | Charges réelles déductibles |
| Déclaration | Case 4BE (2042) | Formulaire 2044 |
| Déficit foncier | Impossible | Imputable (jusqu’à 10 700 euros/an sur le revenu global) |
| Durée d’engagement | Aucune | 3 ans minimum après option |
Le régime réel devient pertinent dès qu’un poste de dépenses important apparait : gros travaux de rénovation, crédit immobilier récent avec des intérêts élevés, ou charges de copropriété lourdes. Opter pour le régime réel engage le bailleur pour trois ans, une contrainte à évaluer avant de renoncer au micro-foncier.

Exclusions du micro-foncier : les cas où le plafond ne suffit pas
Respecter le seuil de 15 000 euros ne garantit pas toujours l’accès au micro-foncier. Certains dispositifs fiscaux spécifiques rendent ce régime inapplicable, quel que soit le montant des loyers.
- Les biens bénéficiant d’un avantage fiscal de type Malraux, monuments historiques ou Denormandie avec engagement de déduction spécifique
- Les propriétaires qui ne perçoivent que des revenus fonciers issus de parts de SCPI ou de SCI, sans détenir aucun bien en direct loué nu
- Les locations de biens ruraux soumis à des régimes particuliers (baux ruraux à long terme avec exonération partielle)
Un propriétaire qui cumule un bien en direct et des parts de SCPI peut accéder au micro-foncier, à condition que le bien en direct génère bien des revenus fonciers. La détention exclusive de parts de société civile, sans immeuble en propre, ferme la porte du régime simplifié.
Le plafond de 15 000 euros reste le critère central du micro-foncier, mais son mode de calcul, entre quote-parts de SCI et absence de prorata, mérite une vérification précise chaque année avant de valider la case 4BE.